Ode au printemps
Si vous êtes comme moi et que la douceur printanière et la lente remontée des températures vous a manqué cette année, j’ai un tuyau à vous livrer, le printemps existe en bouteille, c’est le Langenberg 2005 du Domaine Marcel DEISS à Bergheim.
En contemplant cette robe claire aux reflets délicatement dorés et lumineux, en précipitant mon nez dans le verre, une idée fixe bien qu’encore flou éveilla mes sens. On n’est toutefois pas là devant un vin impressionnant à proprement parler, mais, selon moi, devant un vin de sensation.
Il n’est pas aisé de mettre un terme précis sur cette impression aussi simple et aussi complexe à la fois et l’évidence a été un peu longue à s’imposer à moi.
Pourtant depuis ce moment, il m’est impossible de voir autre chose dans ce vin : sa trame si fraîche et légère, son nez plus consistant rempli délicatement de cette idée des premières fleurs blanche de mai éclosent et rafraîchies par la rosée, ce climat minéral et tonique qui s’échappe du verre. Puis, cette bouche claire qui allie sécheresse bien maîtrisée et évoque les premiers rayons du soleil salvateur dans un concert d’élément étonnant. Ce vin d’une apparente simplicité cache bien son jeu.
Toute ces sensations sont certainement dues au terroir granitique assez maigre de la commune de St Hyppolite et à la complantation quasi-totale sur ces terrasses plein sud, la vigne a donc du puiser au plus bas son essence. Le domaine Marcel DEISS complante ici le Riesling, la famille élargit des Pinots (aussi bien beurot que gris et même noir) et du Muscat qui semble donner une petite signature a ce vin dans ce millésime.
Les vins de cette maison, pour moi qui m’est souvent promené à Bergheim durant mon adolescence me rappel bien souvent des paysages, celui là trouve la force d’évoquer à moi une saison toute entière….